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La relecture, un casse-tête

  • STEPHANE DE DURFORT
  • 14 mai
  • 2 min de lecture


J’ai signé mon premier contrat avec une maison d’édition.


Sur le moment, il y a une forme de vertige. Une satisfaction, bien sûr.

Mais très vite, une autre réalité s’impose : tout commence vraiment maintenant.


Car derrière cette signature se cache un exercice difficile que je n’avais pas anticipé avec autant d’intensité : la relecture.


Cette relecture est aujourd’hui la dernière étape avant la livraison du manuscrit à la maison d’édition. Une étape décisive. Car ensuite viendra un autre regard, celui de l’éditeur, qui pourra à son tour demander des modifications, des ajustements, des coupes parfois.


Relire son propre texte, c’est entrer dans un territoire étrange. Chaque phrase porte encore l’intention du moment où elle a été écrite. Certaines tard dans la nuit, la tète soucieuse, et d'autres, l'esprit libre, les pieds dans l'eau.

Chaque mot a une histoire. Et pourtant, il faut apprendre à les regarder avec distance. Avec honnêteté aussi.


Couper une scène que l’on aime. Raccourcir un passage que l’on a mis des jours à écrire. Reformuler une phrase que l’on croyait juste.


La relecture est un casse-tête.


Pas seulement technique. Émotionnel.


Il ne s’agit plus d’écrire pour faire exister une histoire. Il s’agit de la rendre plus forte, plus précise, plus lisible. Parfois, cela passe par renoncer.


C’est un exercice d’équilibre permanent : rester fidèle à ce que l’on a voulu dire, tout en acceptant que le texte puisse être meilleur sans certaines de ses parties.


Je découvre aussi autre chose : la solitude change de nature. On n’est plus seul face à une page blanche. On est face à un texte qui existe déjà… Ce texte, c'est le mien et il faut transformer sans le trahir. sans me trahir.

C’est inconfortable. Parfois frustrant. Souvent exigeant.


Mais c’est aussi là que le manuscrit devient vraiment un livre.


Alors oui, la relecture est un casse-tête.

Mais il est nécessaire.


La suite s’écrit ici.

 
 
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